Réfléchir à l’urbanisme… et à la ville (Premier juillet 2010)
Construire aujourd’hui pour demain devrait inciter à retenir les leçons du passé. Les nombreux projets de la ville donnent bonne conscience aux élus, mais le manque de logements ne doit pas conduire à la construction de d’habitats qui ne s’inscriraient pas dans le respect de l’environnement et de la qualité de vie. Le sigle HQE (haute qualité environnementale) ne doit pas faire oublier que les bâtiments construits se situent dans un environnement et ne peut déjà plus seul satisfaire aux générations qui viendront vivre à Vitry. Notre territoire communal doit fournir à nos concitoyens un espace de vie, déjà bien restreint par les immeubles ; on répète à l’envi dans tous les cabinets d’architectes, propos repris comme une antienne, qu’il faut construire en hauteur pour gagner de l’espace, qu’ainsi l’on peut densifier.
Alors, le bon sens serait de demander à chaque citoyen s’il préfère vivre dans un immeuble de deux étages et comportant une dizaine de logements (n’est-ce pas déjà trop ?) ou dans une barre HLM, sans oser ici parler d’habitat individuel. Chut ! Ils sont promis à la démolition ou préemptés pour élargir les voies.
Le bon sens encore : lui demander s’il veut vivre à la mer ou en banlieue. Rare est le second qui parfois prend la route des vacances pour s’aérer ; lui demander s’il préfère vivre dans une ville de 500, de 1000, de 10 000 ou
de 100 000 habitants.
Et le piéton, les circulations douces, dans tout ça ? On en met un peu sur les dessins, avec quelques arbres, ca fait du vert, puis on minimise le dessin de l’immeuble qui paraît tout petit. Le tour est joué.
On pourrait aussi très simplement demander au Vitriot s’il préfère voir le soleil ou les fenêtres du voisin du Bâtiment Z d’en face, ou le toit vis-à-vis quand l’immeuble en possède un. Car on ne peut pas dire, en consultant les sites d’architecture dédiée à l’urbanisme de la ville, que l’on fasse preuve d’une grande imagination : le cube est roi, l’uniformité reine, le béton gris le premier dauphin. On sait ce qu’a donné la Charte d’Athènes, il est vrai mal appliquée. On en est bien à démolir des barres. Plaignons ces citadins groupés et parqués d’abord, puis remis ailleurs, mais qui retrouveront pour un grand nombre les mêmes problèmes… déplacés dans d’autres cités.
On pourrait demander aussi à l’habitant urbain s’il préfère se promener sur des espaces de détente, dans un centre-ville qui soit piétonnier et bordé de commerces, s’il aime vivre sa ville après avoir travaillé sur place, ou rentrer le soir dans une cité-dortoir, en affrontant les transports, puis le bruit et les problèmes qu’engendre la concentration urbanistique… sauf à Vitry (voir notre article sur la rue de Choisy) où, certaines personnalités le disent, il fait bon vivre, où chacun respecte l’autre ; c’est bien connu. Ce qui est visible aussi ce sont les clôtures que l’on dresse autour des constructions collectives ou autres. Pourquoi ?
Donc, discours officiel, tout est parfait, c’est seulement l’État qui est responsable, admettons cependant qu’il a sa responsabilité, la société aussi, enfin pas toute, mais ce sont les Vitriots qui entendent les sirènes des secours, de la police, des pompiers, dès 8 heures du matin et jusque très tard. Le début de la journée offre toujours son lot de poubelles et de voitures brûlées, de dégradations, de détritus en tout genre, et les attaques contre les personnes Si l’image de la ville a été si amoindrie, pour ne pas dire salie, ce n’est pas la faute des journalistes, mais bien qu’il s’y passe aussi ça… Sans parler de Sohane.
Une minorité, dit-on, peut-être, mais qui impose à la majorité. Mais que font donc les CLSPD sur lesquels un élu fondait de grands espoirs ?
Émettons un souhait partagé par nombre d’entre nous : il conviendrait aussi à Vitry de développer l’emploi plus que les logements, compte tenu du nombre prévu de constructions neuves, d’autant que certaine ville du même courant politique majoritaire n’a pas la même approche économique, qu’un conflit toujours en cours entre les villes de Thiais et d’Orly à propos de la Vallée verte, inconstructible auparavant mais subitement redevenue constructible, pour quatre cents logements, nous donnent à réfléchir.
Une réflexion, un débat plus large et la consultation des citoyens, une remise en cause des conceptions urbanistiques de notre ville doivent s’ouvrir. Il s’agit de construire la ville de demain, mais une cité où l’on pourra vivre, se déplacer d’un quartier à l’autre. Il semble bien que les échecs d’hier, patents, seront ceux du lendemain si nous continuons à densifier ainsi. Qui n’a pas eu la sensation d’étouffement, d’oppression en se promenant dans certains nouveaux quartiers ? Encore qu’être oppressés n’est rien quand on est aveugles. Mais ce ne sont plus les mêmes gens.
Et comment peut-on penser qu’en concentrant les gens on les rendra heureux. La bonne conscience dont nous parlions est là, le cœur certainement aussi, mais la raison d’assurer le futur, les prévisions à long terme, où sont-elles ?
Il faut aussi inverser un processus, celui qui consiste à décider d’abord, par des représentants élus il est vrai, mais pas représentatifs si l’on tient compte de l’abstention, puis à consulter la population après. Informons, consultons, puis décidons. C’est ce que nous proposons à nos concitoyens, et transformons la ville en profondeur. Demandons que la municipalité prenne de la hauteur, elle, pas les bâtiments, ça nous permettra de voir le ciel ! C’est mieux que de contempler tête baissée les immondices et les tas d’ordures ici et là.
« Là où il y a une volonté il y a toujours un chemin ».
Guillaume d’Orange
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